Amore langueo

Un nouveau langage musical de la sensualité dans l’Italie du 17ème siècle

Arnaud Gluck — contre-ténor

Alice Letort — théorbe, guitare baroque

Manon Papasergio — viole de gambe, harpe


Dans l’Italie du début du 17ème siècle naît un nouveau langage musical, aboutissement de l’intérêt de la Renaissance pour l’antiquité gréco-romaine. Dans cette nouvelle pratique, nommée seconda prattica, la musique doit prolonger la rhétorique et servir la poésie en accentuant ses affects grâce à une palette expressive inédite. 

Ce concert met à l’honneur compositrices et compositeurs italiens, rassemblés autour de ce langage musical particulièrement adapté pour exprimer érotisme, tension du désir, et l’ambivalence de la douleur amoureuse. Et ce autant dans des textes profanes que sacrés : le Cantique des cantiques, poésie érotique de l’Ancien Testament, est en effet à cette époque une puissante source d’inspiration pour de nombreux compositeurs. Le titre du concert Amore langueo, “je me languis d’amour”, est d’ailleurs tiré de ce très beau texte (chapitre II, verset 5). 

La recherche de la sensualité et du double sens est d’autant plus prégnante à Venise où, loin du contrôle de Rome et du Vatican, les artistes jouissent d’une relative liberté d’expression et de pensée, enrichies également par l’ouverture de la Sérénissime sur l’Orient. Le clair-obscur popularisé en peinture par Le Caravage se déploie également dans la nouvelle musique baroque.

L’atmosphère intimiste de ce concert avec contre-ténor, théorbe et viole évoque ainsi celle d’un salon vénitien 17ème siècle, lorsqu’un musicien ouvrait un recueil contenant ses compositions et les entonnait en s’accompagnant au théorbe ou à la viole.